دائرة المتحابّين في الله
Dahira Moutahabbiina Fillaahi - Communauté de ceux qui s'aiment en Allah |
LES MOMENTS ET LES LIEUX DE PRIERE
Au nom d'Allah, le Miséricordieux par essence et par excellence !
Allah le Très-Haut a prescrit à Ses serviteurs cinq prières
rituelles réparties dans la journée à certaines heures
du jour et de la nuit pour lui permettre d'entrer en communion avec Lui. Ces
prières sont à l'image d'une nourriture spirituelle minutieusement
dosée et dotée d'une vertu purificatrice avérée.
Selon le Messager d'Allah (PSL), « L'effet des cinq prières
est semblable à l'effet d'une rivière d'eau douce abondante se
trouvant juste devant la maison de quelqu'un d'entre vous qui s'y lave cinq
fois dans la journée. Pensez-vous qu'il lui restera quelque saleté ?
Bien sûr que non ! Lui répondirent ses compagnons. Il dit alors
: les cinq prières effacent certainement les péchés comme
l'eau efface la saleté » (Rapporté par Mouslim). Par
la prière, le musulman apprend la maîtrise du temps et la ponctualité en
répondant à l'appel du Meilleur des Créateurs. D'où l'intéret
de connaître : les moments durant lesquels les différentes prières
doivent être accomplies (1) et les lieux dans lesquels les différentes
prières peuvent être
accomplies (2).
I - LES MOMENTS DE LA PRIERE
« Et accomplis la prière aux deux extrèmités du jour et à certaines heures de la nuit » (Sourate Houd, verset 114) ; « Et accomplis la prière au crépuscule jusqu'à l'extrémité de la nuit, et fais aussi la Lecture à l'aube, car la Lecture à l'aube a ses témoins (les témoins, ce sont les anges du jour et de la nuit) » (Sourate Al-Isrâ, verset 78).
La combinaison de ces deux versets montre la répartition des cinq prières dans la journée en :
1 - La détermination des horaires de prières
Les horaires de prière sont déterminés conformément au Coran et à la sounna. Dans la détermination des horaires de chaque prière, une distinction fondamentale s'impose entre :
A - Le principe
En temps normal c'est-à-dire lorsque l'alternance du jour et de la nuit se réalise dans une journée de 24 heures, les horaires de prière sont déterminés comme il suit :
B - Les aménagements
Les horaires ci-dessus prrésentés s'appliqquent dans les espaces géographiques caractérisés par une alternance du jour et de la nuit en vingt-quatre heures. En revanche, dans les lieux où cette alternance ne se réalise pas de la sorte, il est exclu que l'on prie une seule fois dans l'année. Les horaires devronnt faire l'objet d'une estimation dont les modalités varient en fonction des deux situations suivantes :
2 - L'obligation d'accomplir la prière à son heure
« La prière demeure, pour les croyants, une presscription à des temps déterminés » (Sourate an-Nisân, verset 103). Il est donc clair qu'elle doit être accomplie à son
heure.
Il en résulte qu'il n'est pas permis au musulman d'avancer les prières en tout ou en partiie en les accomplissant avant leur heure ou de les retarder en les accomplissant après leur heure. Dans un cas comme dans l'autre, il y a transgression de l'ordre divin et irrespect de Ses versets. Toutefois, il n'y a pas transgression lorsque la personne aura retardé la prière en raison d'empêchement légitime (oubli, sommeil, travail etc.) ; il lui est alors simplement demandé de la rattraper dès disparition de l'empêchement. Abou Saïd Al Khoudri (qu'Allah l'agrée) raconte qu'à l'occasion de la grande bataille des tranchées (Al Khandaq), les musulmans sous la direction du Prophète (PSL) n'ont pu accomplir les prières diurnes qu'au crépuscule. Le Prophète (PSL) appela Bilal (qu'Allah l'agrée) pour qu'il fasse le liqâme (deuxième appel) d'abord pour la prière de dhohr et il l'accomplit comme s'il la faisait à son heure ; ensuite, il fit de même pour la prière de asr et il l'accomplit comme s'il la faisait à son heure ; enfin, il fit de même pour la prière de maghrib » (Rapporté par
Ahmad).
On comprend également de ce hadith que d'une part, celui qui attrape une prière doit l'accomplir convenablement sans aucune précipitation comme s'il la faisait à son heure et que d'autre part, en cas de pluralité des prières non accomplies durant leur moment, on les rattrapera en respectant leur ordre dans le temps. Toutefois, lorsqu'on se rappelle la prière non accomplie à son heure au moment où le temps de la prière présente touche à sa fin, on commencera par la présente avant l'omise pour éviter de se retrouver avec deux prières à rattraper.
La sounna nous recommande d'accomplir les prières
au début de leur temps d'élection sauf dans
deux cas consacrés par la sounna où il est
recommandé de :
3 - Le critère de prise en compte d'une prière accomplie à son heure
Toute
personne qui, en accomplissant sa prière à la limite du temps de nécessité, n'aura réalisé qu'une raka sera considérée comme ayant accompli la prière dans son intégralité et en son temps conformément au hadith du Prophète (PSL) selon lequel : « quiconque serait parvenu à accomplir une raka, c'est comme s'il avait accompli toute la prière » (Réputé authentique par consensus). Dans un autre hadith rapporté par Boukhari, on comprend que la mesure d'une raka s'apprécie à l'aune d'une prosternation : « quiconque serait parvenu à rattraper une prosternation (soudiôte) de la prière de asr avant le coucher du soleil, qu'il termine sa prière du matin avant le lever du soleil, qu'il termine sa prière ».
Toutefois, un musulman doit éviter de se mettre volontairement dans cette situation pour accomplir ses prières à la limite du temps de nécessité. En le faisant, il fait ce que le Prophète (PSL) a qualifié de « prière de l'hypocrite » (mounâfiq) : « il s'assoit dans l'attente du coucher du soleil jusqu'à ce qu'il soit à deux cornes de Satan (c'est-à-dire deux doigts pour se coucher) pour accomplir en vitesse ses quatre rakas et pour se souvenir d'Allah que de peu » (Rapporté par
Mouslim).
II - LES LIEUX DE PRIÈRE
En
principe, les prières s'accomplissent dans les lieux de culte c'est-à-dire les mosquées conformémennt au verset 36 de la sourate An-Nour (La lumière) : « Dans des maisons (mosquées) qu'Allah a ordonné que l'on élève et où Son Nom est invoqué ».
D'après le Messager d'Allah, « la prière du voisin de mosquée n'est exaucée que dans la mosquée. Qui est-ce le voisin de mosquée ? Lui demanda -t-on ? Il répondit : C'est celui qui entend l'appel à la prière » (Rapporté par Ahmad). Toutefois, cette règle ne s'applique pas avec la même rigueur chez les femmes. Seules des formulles plus souples ont été employées à l'endroit des femmes. Ainsi, « ne défendez pas aux femmes d'aller à la mosquée lorsqu'elles vous le demandent » (Rapporté par Abou Daoud et Ahmad). Mais le Prophète (PSL) a donné, concernant la femme, la préférence à la prière à domicile. Il a dit à ce sujet : « Ne défendez pas aux femmes d'aller à la mosquée mais la prière chez elles est meilleure » (Rapporté par Ahmad et Abou Mouhammad). On raconte également qu'une femme en l'occurence Om Hamid Saahidî est venue dire au Prohète : « je voudrais prier en votre compagnie » ; il lui répondit : « je sais que tu souhaites prier en ma compagnie mais saches que la prière que tu accomplis dans ta chambre est meilleure que celle que tu accomplis dans la mosquée de ta communauté ; que la prière que tu accomplis dans la mosquée de ta communauté est meilleure que celle que tu accomplis dans ma mosquée » (Rapporté par Ahmad). Om Salama a, quant à elle, rapporté ce hadith du Prophète (PSL) : « la meilleure mosquée pour les femmes, c'est leur maison » (Rapporté par Ahmad). On raconte également que dans la Mosquée du Prophète (PSL), une place était réservée aux femmes et se situait derrière celle des hommes ; que le Prophète demandait à ses compagnons de patienter après la prière, le temps de permettre aux femmes de rentrer en premier et de ne pas se mélanger avec les hommes (Rapporté par
Abou Daoud et Ahmad).
Par ailleurs, il importe de souligner qu'en cas de nécessité, il est licite d'accomplir la prière dans un enclos à bovins ou ovins, dans un cimetière eencore que ce fût de polythéistes, dans un dépotoir de fumier, dans un abattoir ou sur la voie publique. L'essentiel est de s'assurer contre les substances impures (sobé) au moyen d'un tapis à prière
par exemple.
Il est blâmé (sîbe) de l'accomplir dans une église ou dans un lieu ou baraquent les chameaux, près de l'abreuvoir même si on est assuré qu'ils sont exempts de souillure (sobé).
Fasse
Allah que nous soyons parmi les connaisseurs dans la limite
de nos capacités, parmi ceux qui reconnaissent la grâce dont Il nous comble et sont conscients de Son contrôle permanent sur nous, parmi ceux qui oeuvrent en prévision de l'Au-delà !
Amine.
Extraits traduits des enseignements en arabe et en wolof, sur l'islam et la tariqa tidjaniya, du guide spirituel Serigne El Hadj Madior CISSE, responsable de la dahira Moutahabina Fillahi et disciple de Khalifa Ababacar SY (RTA). |